
INFRA+ : Amélioration des infrastructures et des conditions de travail au Nord-Kivu et en Ituri
République démocratique du Congo
À Masereka, dans la province du Nord-Kivu en RDC, l’égalité de genre n’est pas qu’un concept : elle se traduit concrètement sur le terrain ! Depuis quelques mois, les femmes participent activement aux travaux de construction/réhabilitation d’une mini-centrale hydroélectrique destinée à alimenter l’Hôpital général de référence de la zone. Des travaux réalisés par une entreprise de droit congolais, dans le cadre du projet Infra+, financé par l’Union Européenne.
À Masereka, sur le chantier de la mini-centrale hydroélectrique, la moitié des travailleurs sont des travailleuses. Lors du recrutement, une attention particulière a été accordée à la participation des femmes. Pour Pascal Kambale, l’ingénieur chargé de la construction, les femmes ont rapidement démontré leur capacité à accomplir les différentes tâches qui leur étaient confiées : « nous avons recruté 50 % de femmes et 50 % d’hommes et, aujourd’hui, nous ne sommes pas déçus. Les femmes travaillent même parfois davantage que les hommes. Là où un homme peut transporter 10 kg, une femme peut facilement en transporter 20 kg au dos. »

Elles prennent également part au transport du ciment, des matériaux et des équipements nécessaires à la construction de la centrale. Par leur présence et leur travail quotidien, elles remettent en question l’idée selon laquelle certains métiers ou certaines tâches seraient exclusivement réservées aux personnes de sexe masculin.
Pour elles, il ne s’agit pas d’entrer en compétition avec les hommes, mais d’être reconnues comme des travailleuses capables, responsables et utiles à leur communauté. « Nous travaillons sur ce chantier depuis le début et nous sommes fières de ce que nous faisons. Comme les hommes, nous sommes capables et nous le démontrons chaque jour », témoigne Mme Kalondero, l’une des travailleuses rencontrées sur le chantier.
La présence des femmes sur le chantier est également bien accueillie par les hommes. La répartition des tâches est réalisée uniquement en fonction des besoins du chantier sans tenir compte du genre. « Les femmes nous surprennent par leur courage et leur capacité à accomplir les mêmes travaux que nous. Elles sont vraiment engagées », remarque Jean-Marie Muhindo , travailleur sur le chantier.
Au-delà des travaux de construction, le chantier de Masereka permet également de faire évoluer les habitudes et les perceptions au sein de la communauté. En voyant les femmes transporter des moellons, du ciment et d’autres matériaux de construction aux côtés des hommes, les habitants découvrent chaque jour que les capacités professionnelles ne dépendent pas du fait d’être une femme ou un homme.
Cette participation offre également aux femmes l’opportunité de générer des revenus grâce à leur travail, d’enrichir leur expérience professionnelle et de renforcer progressivement leur confiance en leurs compétences et capacités.
La future mini-centrale hydroélectrique revêtira, quant à elle, une importance particulière pour l’Hôpital général de référence de la zone de santé de Masereka. La disponibilité d’une source d’électricité fiable et durable contribuera à améliorer les conditions de fonctionnement de l’hôpital, à renforcer la continuité des services essentiels et, par conséquent, à offrir des soins de meilleure qualité à la population.
Tandis que la centrale prend forme, les mentalités se transforment. Le message est simple : quand les femmes et les hommes bénéficient des mêmes opportunités, chacun·e peut mettre ses compétences à profit et participer à la construction d’un avenir meilleur.







