
Programme santé : vers des soins centrés sur la personne en RDC
République démocratique du Congo
À Mangumo, village isolé du Nord-Kivu, une maladie caractérisée par de sévères diarrhées et des vomissements a déjà coûté la vie à six personnes. Face à l’urgence, des médicaments ont été acheminés à pied à travers rivières, brousses et sentiers escarpés, pour arriver à destination quatre jours plus tard. Cette mobilisation exceptionnelle illustre une chaîne de solidarité porteuse d’espoir pour toute la communauté.
Dans le village minier de Mangumo, situé dans l’aire de santé d’Ombole, au sein de la zone de santé de Manguredjipa, l’inquiétude ne cesse de croître. Depuis la fin du mois de juin, plusieurs habitants ont été frappés par une maladie caractérisée par des diarrhées sévères, des vomissements et une grande faiblesse. En l’espace de quelques jours seulement, six décès ont été enregistrés. Face à cette situation alarmante, les autorités sanitaires ont rapidement lancé une alerte afin d’identifier l’origine de la maladie et de limiter au maximum sa propagation.
Mangumo est un village enclavé qui ne dispose d’aucune route praticable ni d’infrastructures sanitaires suffisantes. Le rejoindre constitue donc un véritable défi. Pour y accéder, il faut parcourir plusieurs jours de marche à travers un environnement difficile : traversée de rivières sans ponts, progression dans des brousses sans sentiers aménagés, et exposition à des conditions climatiques éprouvantes.

Dans ce contexte, la mobilisation de la communauté locale a été déterminante. Pendant quatre jours, des volontaires ont transporté à pied des médicaments et des kits médicaux, les portant sur leur dos à travers des terrains accidentés. Malgré la fatigue, les intempéries et les nombreux obstacles, leur engagement n’a jamais faibli. Grâce à cet effort collectif, les intrants médicaux ont pu atteindre le centre de santé d’Ombole, permettant ainsi d’administrer les premiers soins et de préparer une riposte sanitaire adaptée.
Parallèlement, une équipe multidisciplinaire a été déployée sur le terrain. Composée d’épidémiologistes, d’un clinicien, d’un technicien de laboratoire, d’un spécialiste en hygiène et d’un animateur communautaire, elle a pour mission d’identifier les cas, de réaliser des prélèvements en vue de confirmer le diagnostic, de mettre en œuvre des mesures de prévention, de sensibiliser la population et de contenir la propagation de la maladie.
Au-delà de l’intervention médicale, cette situation met en lumière une réalité persistante dans certaines régions de la République démocratique du Congo : l’accès aux soins reste un défi majeur. En l’absence d’infrastructures adéquates, les communautés locales deviennent souvent les premiers acteurs de la réponse sanitaire, faisant preuve d’une solidarité remarquable.
Cette intervention a été rendue possible grâce à l’appui des projets mis en œuvre par Ucoopia, notamment « Programme santé : vers les soins centrés sur la personne », financé par la Coopération belge, ainsi que le projet « MAV+ in Africa (Part III) : ACT-62011 », financé par l’Union européenne.