
Éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (Uni4coop)
Belgique
Du 5 au 11 juillet 2026, à Hammamet, ville côtière de Tunisie, RECIT’MOB a réuni 30 jeunes venu·es de Belgique, de France, du Maroc et de Tunisie autour des enjeux liés aux mobilités internationales.
L’échange interculturel « RECIT », ou « Regards croisés et interculturels » est une rencontre annuelle d’une semaine qui vise à croiser les regards entre jeunes issus de différents contextes, nourrir le dialogue interculturel et faire émerger des outils de sensibilisation autour d’une thématique choisie. Le projet est porté par Engagés & Déterminés (France), grâce à un financement Erasmus+ et avec le soutien du Tunisian Forum for Youth Empowerment (Tunisie), la JEC – Jeunesse et Coopération (Maroc) et Ucoopia (Belgique).

Dès les premiers jours de la semaine, une attention particulière a été accordée à l’interconnaissance, à la création d’un cadre commun ainsi qu’à l’installation d’un climat de confiance. Une activité autour de l’histoire des prénoms, l’élaboration d’une charte collective, des energizerset les premiers échanges ont permis de poser les bases d’un espace de parole bienveillant, dans lequel chacun·e arrivait avec son histoire, son rapport à la mobilité et ses propres questionnements. C’est ici que s’est construit ce qui a porté le groupe toute la semaine : une confiance suffisante pour parler de soi et écouter les autres.
“Cette semaine m’a permis de comprendre que la mobilité n’est pas la même pour tout le monde, et que derrière un mot se cachent des expériences très différentes”.
Rapidement, l’équipe organisatrice a invité les partcipant·es à exprimer à travers des mots, des images et des débats leurs représentations de la mobilité internationale. Les fresques collectives ont notamment favorisé l’émergence des imaginaires associés à la mobilité, mais également les liens plus personnels que chacun·e entretenait avec cette thématique.
“Les échanges ont permis de mettre des mots sur des réalités que je n’avais pas forcément envisagées ainsi”.




L’un des fils rouges de RECIT’MOB a été le lien entre mobilités internationales et solidarité internationale. Les ateliers et échanges menés tout au long de la semaine ont permis d’interroger les diverses formes d’engagement face aux injustices qui structurent les circulations dans le monde. Une place importante a été laissée aux ressentis. Ainsi, la solidarité y est apparue non seulement comme un engagement politique, mais également comme une manière d’être en relation, d’écouter et de reconnaitre la complexité des parcours vécus.
Très vite, les discussions ont porté sur les inégalités de mobilité. À travers différents ateliers, les participant·es ont été amené·es à réfléchir aux conditions concrètes qui facilitent ou entravent les mobilités, mais également à la manière dont les statuts, les ressources, les origines, le genre ou encore les papiers produisent des écarts d’expériences très nets face à la mobilité. En faisant ressortir ces décalages, les animations ont aidé à passer d’une vision abstraite des mobilités à une compréhension plus précise, plus critique et plus humaine.
Ainsi, le ciné-débat, les temps d’animations sur les représentations, les séquences consacrées aux inégalités ainsi que l’atelier du “jeu des chaises”, ont offert des approches diverses afin d’entrer dans la thématique tout en saisissant les dimensions structurelles. En présentant les écarts de manière très concrète, le jeu des chaises a nourri des échanges riches sur les privilèges, les responsabilités collectives et les récits dominants autour des mobilités.

À partir du milieu de la semaine, le travail s’est progressivement orienté vers la création d’outils de sensibilisation. Les participant·es se sont réparti·es en groupes afin d’imaginer et de concevoir des outils autour d’enjeux variés : genre et mobilités, racisme et mobilités, identités plurielles et diaspora, droit et inclusion, traitement médiatique des migrations, histoire des mobilités et enjeux décoloniaux, justice globale ou encore solidarité face aux enjeux de mobilités.
Ce passage de la réflexion à la création a marqué une étape importante du séjour. En effet, il ne s’agissait plus uniquement d’analyser les mobilités, mais de transformer les apprentissages de la semaine en supports concrets, capables d’ouvrir le débat auprès d’autres jeunes et d’autres publics. D’ailleurs, le jury blanc et le test des outils ont renforcé cette dynamique de co-construction, en valorisant à la fois l’intelligence collective, l’esprit critique et la créativité du groupe.




Comme souvent dans ce type d’échanges, une partie essentielle de l’expérience s’est également jouée dans les temps hors cadre : pendant les repas, lors des soirées, au cours de conversations spontanées et dans les moments de découverte partagés. La soirée interculturelle a notamment offert un espace précieux pour célébrer les références, les habitudes, les sensibilités et les cultures de chacun·e dans une ambiance festive et conviviale.
D’autres moments ont également ponctué la semaine, qu’il s’agisse de visites, du match France/Maroc vécu ensemble, lors du mondial, ou encore de jeux le soir qui ont prolongé autrement les liens créés durant la journée. Ces instants ont contribué à faire de RECIT’MOB non seulement un espace de formation, mais également une expérience collective intense et joyeuse, dans laquelle les relations humaines ont ajouté une dimension plus profonde aux apprentissages.




À l’issue de cette semaine à Hammamet, RECIT’MOB laisse l’image d’un espace où les mobilités internationales ont pu être abordées dans toute leur complexité, c’est-à-dire comme réalités politiques, sociales et historiques, mais également comme expériences vécues, chargées d’émotions, d’inégalités et de récits parfois contradictoires. En croisant les regards entre jeunes de différentes cultures, l’échange a favorisé l’émergence de compréhensions plus nuancées, des interrogations communes et des envies d’agir allant au-delà de la durée du séjour.
En somme, à travers les ateliers, les créations, les discussions et les moments partagés, cette semaine a rappelé qu’apprendre ensemble peut également transformer les manières de regarder le monde et d’interagir avec les autres.


