Mpox et choléra : la vigilance communautaire au cœur de la riposte à Yahuma

Dans la province de la Tshopo, dans le Nord de la République démocratique du Congo, le Mpox et le choléra continuent de représenter une menace importante pour la santé publique, particulièrement dans les zones rurales où l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et aux soins de santé demeure limité.

Pour répondre à cette situation, la Zone de santé rurale de Yahuma, avec l’appui d’Ucoopia, a organisé entre novembre et décembre 2025 une vaste campagne de sensibilisation couvrant les 27 aires de santé de la zone dans le cadre du projet MAV+. Cette activité a mobilisé plusieurs acteurs communautaires et sanitaires, notamment 81 relais communautaires, des leaders locaux, des membres des structures sanitaires ainsi que des autorités locales. Leur rôle consistait à rapprocher l’information des communautés afin de renforcer la prévention et encourager une prise en charge rapide des cas suspects.

Cette initiative a permis de toucher directement près de 9 720 ménages répartis dans 162 villages. Grâce aux échanges communautaires, les habitants ont appris à reconnaître les signes d’alerte du Mpox et du choléra, à signaler rapidement les cas suspects auprès des structures sanitaires et à adopter des comportements favorables à la santé, comme le lavage régulier des mains avec de l’eau propre et du savon, l’utilisation des latrines propres, le traitement de l’eau de boisson et l’entretien de l’environnement autour des habitations. Ces pratiques permettent non seulement de prévenir ces maladies, mais aussi de protéger durablement les communautés contre les épidémies.

Concernant le Mpox, les sensibilisateurs ont recommandé d’éviter tout contact direct avec une personne présentant des boutons ou des éruptions cutanées suspectes. Ils déconseillent également la manipulation ou la consommation d’animaux retrouvés morts dans la forêt ou dans les villages. En cas de diarrhée sévère, de vomissements, de fièvre ou d’apparition inhabituelle de boutons sur le corps, la population est appelée à consulter rapidement le centre de santé le plus proche.

« Avant les séances de sensibilisation, je pensais que toutes les diarrhées étaient pareilles. Aujourd’hui, je sais distinguer une diarrhée normale du choléra, surtout lorsqu’il y a des diarrhées abondantes et des vomissements. J’ai aussi appris qu’il faut rapidement alerter les relais communautaires ou aller immédiatement au centre de santé afin d’éviter des complications. Ces informations nous aident réellement à protéger nos familles et notre village », témoigne Mme Marie, participante aux séances de sensibilisation dans la Zone de santé rurale de Yahuma.

À travers cette campagne, les autorités sanitaires souhaitent renforcer la vigilance communautaire et promouvoir une participation active des habitant·es dans la lutte contre le Mpox et le choléra. Les relais communautaires, les chefs locaux, les parents, les jeunes et les structures sanitaires sont appelés à poursuivre les efforts de sensibilisation afin de consolider les bonnes pratiques d’hygiène et prévenir de nouvelles contaminations dans les villages de Yahuma.